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POÉSIES DE MON CŒUR (a) POÉSIES DE MON CŒUR (i)
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Rencontres

I

Debout, face au Soleil couchant,
Je regardais songeur l'admirable spectacle
De l'astre déclinant, joli tableau touchant
L'âme, sensible réceptacle.

La séance était majuscule...
Un quidam qui passait s'arrêta près de moi
Pour contempler sans doute un peu le crépuscule,
Qui mettait nos sens en émoi.

« C'est magnifique, assurément.
Quand le Soleil, maître absolu de son empire,
Chaque soir que Dieu fait s'endort paisiblement,
L'âme s'élève, qu'il inspire. »

Mais mon voisin, pour un message
Qu'il envoyait au loin, ne m'a rien répliqué.
Échanger quatre mots avec un de passage
Est devenu fort compliqué.

II

Devant l'escalier du métro,
Une brave mamie, près d'elle sa valise,
S'apprêtait à monter. Mais « Quand c'est trop, c'est trop ! »
Claire et pertinente analyse...

« Je suis d'accord : la pente est raide
Quand il faut qu'on la grimpe un bagage à la main.
Voulez-vous, s'il vous plaît, que bientôt je vous aide
À gagner le haut du chemin ?

Les valises ont des poignées
Faites pour ceux-là qui veulent rendre service.
Confiez-moi la vôtre ; à vous accompagner,
Je m'engage, amical complice. »

Tant pis... Ma craintive grand-mère
N'a pas voulu lâcher sa valise chérie.
Rendez service aux gens, serviteur éphémère,
Ils craignent des vols en série.

III

« Savez-vous pas, belle inconnue,
Que le bonheur parfois tient dans une rencontre ?
L'idée, j'ose espérer, vous paraît bienvenue,
Aussi que vous n'avez rien contre.

D'ailleurs rassurez-vous, madame,
Je ne désire rien que vous complimenter
Pour, ce triste matin, soit dit sans état d'âme,
Avoir bien su l'agrémenter.

C'est pour cela, belle inconnue,
Que je vous veux offrir ce compliment sincère
Qu'en bon poète, fut-ce en poète ingénu,
Je tenais, madame, à vous faire. »

Cependant ma belle anonyme
A crié au scandale – avec agression !
Soyez plein d'obligeance, elles sont unanimes
À frémir d'appréhension.

IV

Je suis contrit car, je l'avoue,
J'aime à communiquer avec la gent humaine.
Tant pis pour moi mais avant tout tant pis pour vous,
Que l'angoisse et que la peur mènent.

Loin de la foule décevante,
J'ai quelques bons amis fort attentionnés
Qui savent qu'il est juste, attitude émouvante,
De recevoir et de donner,

Quelques amies portant jupon
(C'est une expression, lecteur, je t'en informe)
Qu'un compliment ravit, ça, je vous en réponds,
Qui les met au mieux de leur forme !

Braves amis au cœur immense
Qui ne redoutez rien qu'un monde convenu,
Continuons ensemble, aimable accoutumance,
À nous aimer sans retenue.
Annonay, mardi 30 novembre 2021
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