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POÉSIES DE MON CŒUR (a) POÉSIES DE MON CŒUR (i)
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Propos

Soir d'été dans la cour de ma lointaine enfance...
« Il paraît que Marie revendrait son terrain... »,
« Alors Platini court et revient en défense... »,
« Y' a Paul qui se marie. » ; « Toujours ton mal aux reins ? ». (1)

« C'est bientôt, le corso ? — C'est le prochain dimanche ! »,
« Alors elle m'a dit : "Ne le répète pas !" »,
« Ça c'est sûr, un pinceau, ça se tient par le manche ! »,
« J'irai le voir lundi mais à tout petits pas... ».

« Poulidor pourrait bien gagner le Tour de France. »,
« Les feux de la Saint-Jean, c'était trop cette année ! »,
« Finalement, combien coûte ton assurance ? »,
« Ils sont gentils, ces gens... » ; « Et tes roses ? — Fanées ! ».

« Tous ces étudiants à... comment... la Sorbonne... ?
— N'empêche, ces manifs, j'avais jamais vu ça ! »
« Sans doute un mendiant... » ; « T'as joué du trombone ? »
« Montre un peu ton canif... » ; « Ça va couci-couça. »

« Rien de bien étonnant : le dernier de la classe ! »,
« C'est vrai qu'à la rentrée, y aura plus de train ? », (2)
« Il doit passer, Fernand ? — C'est possible qu'il passe. »,
« Un œuf dur en entrée... » ; « Tu parles d'un pétrin ! »,

« Moi, de toute façon, j'aime pas les endives. »,
« Eh, faut pas déc... ! — Mon dieu, que t'es grognon ! »,
« Qui sait où diable ils sont à cette heure tardive... »,
« Si tu veux, je connais un bois à champignons. ».

Souvenirs de marmot, que mon cœur me rapporte,
Propos mêlés, morceaux de conversations,
Ce sont juste des mots. Qui les a dits ? Qu'importe,
L'oubli naît des assauts du temps. Sensation

Étrange que l'oubli quand seules quatre phrases
Reviennent en mémoire après des années. Mais
Mémoire qui faiblit n'est pas mémoire rase :
J'ouvre mon vieux grimoire et j'écris ; désormais,

Mon lecteur, qui parcours au gré de tes errances
Mes vers, tu peux sourire aux échos du passé,
Soir d'été dans la cour de ma lointaine enfance,
Quelques mots pour l'écrire et... basta, c'est assez !
Saint-Martin-de-Valamas, dimanche 29 août 2021
(1) Synérèse sur Y ' a (ia)
(2) Il s'agit du C.F.D. (Chemin de Fer Départemental à voie métrique). Le premier train passait en 1903 ; le dernier le 31 octobre 1968. L'exploitation cessa sous la pression des obsédés de la route (voir le poème Héritage, vol. III des Cahiers). Le tronçon entre Tournon et Lamastre est resté en place à des fins touristiques mais la partie entre Lamastre et Saint-Agrève était bien plus spectaculaire. J'ai évoqué « le Mastrou » dans deux poèmes : Les chemins de l'Ardèche (vol. I) et La Transversale (vol. II) et deux lui ont été consacrés : Vieux vapeur (vol. I) et Le vieux tortillard (vol. III).
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