Vers le haut de page
Vers le bas de page

POÉSIES DE MON CŒUR (a) POÉSIES DE MON CŒUR (i)
Aide (a)

Chaleur
(Lyre en délire)

Pendant la canicule, nombre de personnes s'écrient : « C'est effrayant, il y a 35° à l'ombre ». Mais qui les oblige à rester à l'ombre ?
Pierre Dac
La chaleur s'étend dans le matin blême,
Le Soleil se lève, au disque tremblant,
Or en fusion, flamboyant emblème
Des étés brûlants sous le Soleil blanc.

La chaleur s'étend... Moi dans ma campagne,
Sous un chêne vert, j'enchaîne les vers
Auprès de ma muse, aimable compagne,
Allongé dans l'herbe et nu comme un ver.

« La chaleur s'étend... Mais est-ce, bonhomme,
Une raison pour, poète empêché,
Aligner ainsi les poncifs, en somme
Les banalités, idem les clichés ?

— La chaleur s'étend... Bon... Mettons ta lyre,
Ma mie, sous les feux du Soleil hâleur,
Et là la prenons en flagrant délire
– Qui résisterait par cette chaleur ? »

Délires

La chaleur s'étend... C'est la canicule,
Dans le chemin creux où fuit un Serpent,
Un Grand Chien qui passe, un chien majuscule,
Marche presque sur sa langue qui pend.

La chaleur s'étend... C'est la sécheresse,
Dans la mare où l'eau n'est plus que soupçon,
Les poissons pieux, puisque le temps presse,
Demandent qu'il pleuve au Dieu des poissons.

La chaleur s'étend... C'est l'incandescence,
Celle de la flamme : « Au feu les pompiers ! »
Honneur au poète, ardentes essences,
Qui vous a chantées, qui bientôt rompiez.

La chaleur s'étend... C'est une fournaise
Dans les rues de Lille. Une dame âgée
M'a dit : « Moi, je suis réunionnaise :
Il en faut bien plus pour me déranger ! »

La chaleur s'étend... Ma perruche en nage
M'a demandé : « Cher, s'il vous plaît d'ouvrir
Ma cage... Merci... J'étouffais ! Je gage
Que vous souffriez de me voir souffrir. »

La chaleur s'étend... Mon matou suffoque,
Il voudrait un peu quitter son manteau
De poils angoras. Brave chat, s'il faut qu'
On te voie tout nu, prends une photo !

La chaleur s'étend... Mon vieux thermomètre
Déclare forfait. « J'ai beaucoup vécu
Mais là, trop c'est trop ! J'ai trouvé mon maître,
Mercure a failli, Phébus l'a vaincu ! »

La chaleur : sept ans... Sept que, de mémoire
De climatologue, l'on n'avait eu
Pareilles chaleurs ! Sors ton vieux grimoire,
Poète et prends note, auteur peu vêtu !

.................................

« La chaleur, s'étend... et tant de délires,
Belle Érato, qu'il serait excessif
Que l'on insistât. Bon... Reprends ta lyre,
Ma mie, qui geignais pour quatre poncifs.

— La chaleur s'étend... Ça, nulle équivoque !
Ô lyre imprévue, naguère inspirée,
Tu m'as enchantée. Tes quatrains loufoques,
Quel air sérieux pour mieux délirer ! »

La chaleur s'étend... Ma muse en extase
Câline sa lyre, heureuse et ravie
Et le Soleil court dans le ciel topaze
Et les heures vont, au Temps asservies.

La chaleur s'étend dans le soir paisible,
Le Soleil se couche, au disque vermeil,
Or en fusion, emblème ostensible
Des étés brûlants sous le dieu Soleil.
Annonay, lundi 14 juin 2021
Signature (a)
Signature (i)