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POÉSIES DE MON CŒUR (a) POÉSIES DE MON CŒUR (i)
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Carpettes de l'autorité

Cette petite chanson est inspirée pour la forme des « Trompettes de la renommée » de tonton Georges. J’ai voulu écrire un peu dans le style de mon illustre modèle, de fait et malgré les alexandrins de ce poème chanté, je n’ai pas gardé la rime à l’hémistiche ; par contre, j’ai conservé les diérèses. Pour le fond, je me plais à croire que l'auteur d'« Hécatombe » aurait approuvé cette poésie.
*** Carpettes de l'autorité (a)
*** Carpettes de l'autorité (i)
Quelques vagues amis m'ont dit, les bons apôtres,
Qu'il faut que j'obéisse ainsi que font les autres.
Tel à l'autorité est un bon candidat,
Qui fera sans nul doute un bon petit soldat.

Mais à l'autorité ma nature est rebelle.
Qui parle autorité, il me la baille belle,
Qu'il en use autrement et sur un autre ton :
L'autorité c'est un truc fait pour les moutons.

Carpettes de l'autorité
Obéissent sans discuter.

Quand j'aperçois quiconque avec un uniforme,
Je me dis qu'il doit croire, et pas que pour la forme,
Que d'être ainsi vêtu doit faire en sorte qu'on
Veuille lui obéir – comme font tous les cons ;

Pour autant j'ai vu hier mon voisin, un gendarme,
Le visage livide et les yeux pleins de larmes,
Qui m'a dit : « Ras-le-bol de toujours obéir ! »
Gloire à qui réfléchit pour mieux désobéir...

Carpettes de l'autorité
Obéissent sans discuter.

Un flic me dit d'aller à droite. Je m'approche
Du carrefour : bien sûr, il faut que j'aille à gauche.
Je ne sais pas pourquoi, je suis contrariant
Et ça m'amuse en plus et je tourne en riant,

On m'interpelle alors, on me parle d'injure
À la force publique ; or pourtant, je le jure,
Je ne suis pas méchant, surtout si les agents
Font l'effort de paraître un brin intelligents.

Carpettes de l'autorité
Obéissent sans discuter.

Si pour être Français il faut qu'on obéisse,
Je préfère bientôt décevoir la police ;
Je suis Français, d'accord, mais désobéissant
Et comme vous fait pour être libre en naissant.

L'était obéissante, en quarante, la France...
Ils l'étaient un peu moins, ceux de la Résistance.
S'ils avaient obéi, sinistres lendemains,
Dans notre beau pays, on parlerait germain.

Carpettes de l'autorité
Obéissent sans discuter.

Les trois lois que j'agrée, celles que je veux suivre,
Sont des lois de bon sens, qui font le savoir-vivre,
« Je n'ai jamais tué, jamais violé non plus, (1)
Y' a déjà quelque temps que je ne vole plus. » (1)

Pour vivre sans mépris, sans peur, sans violence,
Je suis, qu'on me pardonne un peu mon insolence,
Méfiant, c'est le moins, face aux gouvernements.
Gouverner, c'est mentir : honte à celui qui ment !

Carpettes de l'autorité
Obéissent sans discuter.

J'ai trouvé mon chemin dans ce foutu système
Mais on me montre au doigt, on parle d'anathème ;
Qu'importe, moi je vais hors des sentiers battus,
Loin de l'autorité et loin de ses vertus.

Merci mes chers parents pour ce don de naissance,
Pour ce don précieux, la désobéissance.
Bergers qui maniez carottes et bâtons,
Accompagnez sans moi le troupeau de moutons.

Carpettes de l'autorité
Obéissent sans discuter.
Annonay, dimanche 22 janvier 2023
À propos du portrait de Brassens : « La station Porte des Lilas bien que défraîchie réserve quelques jolies surprises. (...) Trois fresques en mosaïque aux couleurs un peu passées, au dessin délicieusement suranné, viennent éclairer le marasme d’un ensemble promis à une très prochaine rénovation. Deux d’entre elles représentent des lilas en fleur, l’un rose et l’autre bleu tandis que la troisième rend hommage à Georges Brassens, portrait souriant pipe à la bouche. Elles font référence à la chanson « Les Lilas » du barde moustachu qui figure sur l’album de 1957 « Je me suis fait tout petit ». Dans un cadre de faïence jaune orangé, entourage qui était à l’origine destiné aux espaces publicitaires, le portait du poète en mosaïque de grès émaillé se déploie sur seize mètres carrés. Cet ensemble décoratif a été réalisé à la fin des années 1980 en famille par des artistes mosaïstes de renom, Pepsy et Michel L’Huillier et leur fille Mathilde L’Huillier. »
Lu sur la Toile, article de « Paris la douce » du 22 janvier 2021.
Le portrait, apposé en tête de ce poème, n’est évidemment pas l’original (en couleurs). Je l’ai repris pour l’adapter aux Cahiers ; j’espère ne pas l’avoir dénaturé.
Signature (a)
Signature (i)