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POÉSIES DE MON CŒUR
Les cahiers des
P O É S I E S   D E   M O N   C Œ U R


Deux-ctionnaire




A

Deux arbres amis, un soir de décembre,
Bavardaient du bout de leurs branches nues
Tandis qu'un vieux couple au lit dans sa chambre
S'endormait sans même un mot bienvenu.


B

Deux bottes de foin dans le pré d'en face,
Une paire en somme, attendaient... « Assez !
Attendre... Mais quoi ? Attendre, ça lasse !
— Chère, serions-nous des bottes... lassées ? »


C

Deux chevaux tout blancs s'appréciaient comme
Font tous les chevaux ; guerriers inhumains,
Un cheval préfère un cheval à l'homme
S'il charge en hurlant un sabre à la main.


D

Deux doigts, voulait-elle – « Un peu de bourgogne... »,
Ça n'est pas beaucoup, deux doigts seulement,
L'index, le majeur... Deux, mais sans vergogne
Elle les tenait verticalement.


E

Deux éclairs jumeaux, nés un jour d'orage,
Brillèrent gaiement pour périr soudain
D'un éclat de rire ; il faut du courage
Pour vivre si peu et rester badin.


F

Deux feuilles au sol, flamboyants vestiges
De l'août finissant, demain trépassées,
Échangeaient encor tige contre tige
Quelques souvenirs de l'été passé.


Annonay, mercredi 7 août 2019


À suivre mercredi 14 août (lettres G à L)