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POÉSIES DE MON CŒUR
L e s   c a h i e r s   d e s
P O É S I E S   D E   M O N   C Œ U R


Dérisoire



Les mots que j'écris restent dérisoires,
La frivolité rend léger, léger,
Effet garanti, retour illusoire :
Il tombe de haut, qui veut tout changer !

J'ai trempé ma plume, ami, dans les cendres
De mon cœur défunt ; j'ai brûlé jadis
Pour Argine, hélas aimée d'Alexandre :
Pour feu mes amours, un de profundis !

Les mots que j'écris résonnent, superbes,
Glorieux parfois, infimes souvent,
Gloire et décadence à la fois du verbe :
Quelques mots épars qu'emporte le vent.

J'ai trempé ma plume, ami, dans la tourbe
Des amours croupies ; j'ai vu s'en aller
Les jours chaque jour. Le temps, ce vieux fourbe,
Au jeu de l'oubli, qui peut l'égaler ?

Les mots que j'écris sont sans importance,
Vivre c'est agir et remercier,
Ils sont anodins, les mots en partance
Pour toi, qui les lis en initié.

J'ai trempé ma plume, ami, dans la fange
De mes souvenirs ; j'ai séduit antan
Pallas et Judith et Rachel ; au change,
J'aurai tout perdu – tout, depuis longtemps.

Les mots que j'écris restent dérisoires,
La légèreté rend aérien,
Effet garanti quoique provisoire :
Il tombe de haut, l'aigle icarien !


Annonay, lundi 14 octobre 2019