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POÉSIES DE MON CŒUR
Les cahiers des
P O É S I E S   D E   M O N   C Œ U R


Boutières



Mézenc et Gerbier, gardiens des Boutières,
D'où l'on voit surgir sous un jour d'été
L'Alpe immaculée au Ciel argenté
Et les gouffres verts de nos trois rivières.

Maurice Bouchet, Visage de feu, Fleurs de mon pays, cité par Martine Valmas, Pierres parlantes de nos Boutières


Chaos harmonieux, la chaîne des Boutières
Se dresse, fier rempart sur l'horizon bleuté,
Sommets silencieux faits de rocs et de pierres :
Les hommes sont bavards et vous, vous écoutez...

Le temps est éternel, nous sommes éphémères.
Tandis que nous songeons à nos pauvres malheurs,
L'orbe d'un arc-en-ciel au-dessus des Boutières
Sur le Gerbier de Jonc déploie ses sept couleurs.

Des générations – ils ont passé : mon père,
Ma mère en Vivarais, aïeux, parents, cousins –
Vécurent là : si on savait les mots, Boutières,
On irait – moi, j'irais ! – en parler au Mézenc.

Quand je m'endormirai à mon heure dernière,
Quand les jours d'autrefois se feront attachants,
En partant je verrai la crête des Boutières
Pour une ultime fois dans le soleil couchant.

D'autres bien après moi chanteront la lumière
Descendue de la nue sur les monts ardéchois,
D'autres cœurs en émoi salueront les Boutières ;
Alors j'aurai connu celle qui nous échoit.

Mais si la mort paraît une loi nécessaire,
Il renaît à propos, qui lui a obéi :
Ombre, je flânerai sur vos chemins, Boutières
Et mon âme en repos dira : « C'est mon pays. »


Saint-Agrève, jeudi 21 mai 2015


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Boutières
(lu par Huguette)