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POÉSIES DE MON CŒUR (a) POÉSIES DE MON CŒUR (i)

Vieux vapeur

Au Mastrou.
Du temps que j'étais bambin,
Tout au bout de l'allée aux platanes prospères
Où le rail se coulait sans se presser, mon père
M'emmenait quelquefois pour voir passer le train.

La grosse locomotive
Me faisait un peu peur lorsque je l'entendais
Tandis que la vapeur noire et blanche grondait
En montant dans le ciel en volutes hâtives.

Oh, le fracas de métal
Des quadruples pistons de la lourde Mallet
Quand un petit miston tout au bout de l'allée
Attendait ébahi dans le froid hivernal.

Le convoi s'est éloigné.
J'ai agité la main en guise d'au revoir.
« Nous reviendrons demain pour la tombée le soir. »
Mon père si souvent m'aura accompagné.

Mon petit chemin de fer.
Vieux vapeur d'autrefois et antique autorail,
Vous glissiez sur la voie passant entre les rails
Tout au bout de l'allée aux arbres gris et verts.

Ainsi l'express de nos jours
S'élance sans merci jusqu'à l'ultime gare.
Le terminus ici ne mène nulle part,
Tout le monde descend à la fin du parcours.
Davézieux, lundi 4 février 2013