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POÉSIES DE MON CŒUR (a) POÉSIES DE MON CŒUR (i)

Vent du Sud

Entends le vent du Sud qui geint sous la fenêtre,
Entends-le, qui prélude à la pluie qui va naître
Des gros nuages gris par son souffle agités –
Et le vieux mistigri rentre pour s'abriter.

Entends le vent d'autan qui chante la romance
Du pays occitan... Aussitôt qu'il commence
À donner de la voix, chacun tout bas se dit :
« Ce chant plaintif... Je vois, c'est le vent du Midi... »

C'est le vent du Midi mais sur l'heure il s'emporte,
De ses assauts hardis, il fait claquer les portes,
Entends-le tenuto, gaillard, impérieux
Et la chanson bientôt prend un tour furieux.

Entends le vent des Fous, entends-le quand il gronde.
« S'il faut qu'on se dévoue pour agacer le monde,
Je suis, dit-il, celui qu'Éole a désigné
Et l'on s'effraie : "C'est lui !" pour mieux se résigner. »

Entends le vent du Sud quand il raconte comme
Il aime, ô turpitude, à tourmenter les hommes,
Entends-le qui mugit les soirs d'égarement
Et gare à qui surgit sur sa route indûment !

Entends le vent gémir dans la nuit qui s'avance,
L'empêcheur de dormir, entends-le qui s'élance...
Puis passe en coup de vent le sommeil impromptu.
Quand point le jour suivant, le vent du Sud s'est tu

Et l'on entend frémir l'air ivre de silence.
Annonay, lundi 25 mai 2020
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