Vers le haut de page
Vers le bas de page

POÉSIES DE MON CŒUR
Les cahiers des
P O É S I E S   D E   M O N   C Œ U R


Un pays



Il est un pays où l'on ne peut pas
Avoir soif ou faim. La porte est ouverte
À celui qui passe au temps du repas
Et bon appétit, la chère est offerte !
N'est-il pas très sage, ami, celui-là
Qui accueille l'hôte et lui tend l'assiette ?
Tu fais des soupers dignes d'un prélat
Mais tu manges seul, triste tête-à-tête.

Il est un pays où l'on ne peut pas
S'offrir par faveur son lopin de terre,
Juste le louer jusqu'à son trépas,
Quand le bail expire, adieu locataire !
N'est-il pas très sage, ami, celui-là
Qui sait qu'il n'a rien, que nul bien n'obsède ?
Tu l'as possédé, ton pré, oui tu l'as...
Te voilà dessous : le pré te possède.

Il est un pays où l'on ne peut pas
Arborer palme ou légion d'honneur,
Insigne ou ruban, tous ces beaux appâts
Qui font briller l'œil du vil flagorneur.
N'est-il pas très sage, ami, celui-là
Qui ne porte pas breloque en sautoir ?
Même médaillé, tenue de gala,
Tu n'as toujours que ton cul pour t'asseoir.

Il est un pays où l'on ne peut pas
Vivre en piété : pas de grand mufti
Ni de grand rabbin, nul épiscopat,
Jamais d'hérétique ou de converti.
N'est-il pas très sage, ami, celui-là
Qui croit s'il lui plaît, d'une foi sincère ?
Tu dis charia ou apostolat,
Dieu parle d'amour, toi tu fais la guerre.

Il est un pays où l'on ne peut pas
Descendre au caveau le parent défunt.
Le corps est bien peu, que la mort frappa,
Des cendres ici c'est le lot commun.
N'est-il pas très sage, ami, celui-là
Qui préfère l'urne au pâle suaire ?
Tu veux tombe avec vue sur l'au-delà
Mais avant longtemps, tu seras poussière.

Il est un pays où je me sens bien,
Qui vit et existe au fond de mon cœur.
J'habite ce lieu, je suis citoyen
De cette contrée, et son chroniqueur.
Suis-je donc si sage, ami, en cela
Que je vois le monde avec bonhomie ?
Transit gloria, c'est le postulat,
Paix au creux de l'âme et courage, ami !


Davézieux, vendredi 28 juin 2013