Vers le haut de page
Vers le bas de page

POÉSIES DE MON CŒUR (a) POÉSIES DE MON CŒUR (i)

Tableaux de rando

Le maçon empêché fait tomber sa truelle.
Comme j'aime jouer au bon Samaritain,
Au maçon haut perché je te lance, ô cruelle,
Qui émis ce souhait de choir tôt ce matin.

Un petit roquet blanc, insolent, lâche et veule,
Se déchaîne éperdu ; sa maîtresse qui suit
Me dit : « Il fait semblant, c'est une grande gueule ! »
Je lui ai répondu : « S'il n'y avait que lui... »

Des vaches au corral me regardent et, dame,
L'une avec passion m'observe, l'air faraud.
« Quel superbe animal... Je vous salue, madame ! »
Manque d'attention : la vache était taureau.

Ce mur n'est pas bâti en pierres qui s'écroulent ;
C'est la pluie, m'a-t-on dit, qui ruine les murs.
Quand la pierre sertie tout en bas glisse et roule,
Le mur entier, pardi, descend tel un fruit mûr !

Un quad – Dieu, quel potin ! – sur un chemin de terre
Me précède. J'avance et je vois dans l'allée
Un gros tas de crottin. Voilà bien un mystère...
Les quads sont-ils vivants, qui se laissent aller ?

Sous un vaste filet, ces moutons en pâture
Seraient oiseaux ? Faut-il ainsi les appeler ?
J'ai bien dit : un filet – un filet, je le jure !
Le paysan craint-il de les voir s'envoler ?

Peinte à l'encre de Chine, une sombre corneille
Apprivoisée se tient sur sa tête. « Vois-tu
Comme on fait sa câline ? » Aïe ! C'est pour son oreille :
L'instinct reste l'instinct et gare au bec pointu !

Vous en observerez, d'autres tableaux peut-être
– Ou ceux-là que j'ai vus (si, parole d'honneur !)
Par où vous passerez sauront-ils apparaître ?
Espérez l'imprévu, prévoyants randonneurs !
Annonay, vendredi 28 août 2015