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POÉSIES DE MON CŒUR
Les cahiers des
P O É S I E S   D E   M O N   C Œ U R


Sonnet de mon âne
(Sonnet du dard vert)



Mon âne a son secret, sa vie a son mystère :
Ô passion charnelle... au pré vert aperçue,
Une ânesse farouche à l'imposant postère
Excita fort mon âne et fort mal le reçut.

Hélas ! Elle n'aura, pour l'animal déçu,
Rien offert, la bougresse. Au plaisir solitaire
Il pourrait s'adonner en se roulant par terre
Si les ânes savaient comme on se fait dessus.

Pour elle, l'étalon aurait bien su la prendre
Mais elle a dédaigné, c'est à n'y rien comprendre,
Ce hurlement d'amour élevé sur ses pas ;

À l'instinct bestial hautement infidèle,
Elle a brait, dérobant sa pieuse rondelle :
    « Que voulait cette brute ? » et ne le comprit pas. (*)


Annonay, vendredi 4 décembre 2015


(*) Variante (mais moins fidèle au modèle) :
« Que voulait cette brute ? » Oh, juste être papa...


Note de l'auteur : en toute franchise, j'aime beaucoup le fameux Sonnet de Félix Arvers (1806-1850). L'auteur a su rendre à merveille les tourments de l'amour, quand l'on n'ose pas faire le premier pas.

Le « Sonnet d'Arvers » a fait l'objet d'innombrables pastiches et/ou parodies, preuve, s'il en est, qu'il s'agit d'une pièce de qualité.


Mon âme a son secret, ma vie a son mystère :
Un amour éternel en un moment conçu.
Le mal est sans espoir, aussi j'ai dû le taire,
Et celle qui l'a fait n'en a jamais rien su.

Hélas ! j'aurai passé près d'elle inaperçu,
Toujours à ses côtés, et pourtant solitaire,
Et j'aurai jusqu'au bout fait mon temps sur la terre,
N'osant rien demander et n'ayant rien reçu.

Pour elle, quoique Dieu l'ait faite douce et tendre,
Elle ira son chemin, distraite, et sans entendre
Ce murmure d'amour élevé sur ses pas ;

À l'austère devoir pieusement fidèle,
Elle dira, lisant ces vers tout remplis d'elle :
« Quelle est donc cette femme ? » et ne comprendra pas.