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POÉSIES DE MON CŒUR
Les cahiers des
P O É S I E S   D E   M O N   C Œ U R


Soir d'été



C'était à Hauteville-House, où le poète [V. Hugo] faisait tourner les tables. Une nuit, il invoqua l'esprit du Vénitien [Casanova] qui ne se fit point trop prier et, comme il lui demandait : « Ô séducteur, dis-nous le secret de la vie », la « bouche d'ombre » prit un temps et répondit : « Soir d'été, verre en main, lèvre à lèvre. »

Extrait d'un article signé Morvan Lebesque, Le Canard enchaîné, 2 juin 1971


C'était un soir d'été, à l'heure où la lumière
Glisse vers le couchant,
Où la sérénité s'invite la première,
Où l'on rêve en marchant
À l'amour souhaité par l'âme tout entière.

C'était un soir d'été,
Nous étions réunis dehors sous la tonnelle.
Qu'il est doux de fêter
Avec de bons amis l'amitié éternelle
Et la félicité.

Qui tient son verre en main plein du goûteux liquide,
Un verre de bon vin,
Peu lui chaut que demain la Faucheuse homicide
Et le Coursier divin
Lui montrent le chemin de la tombe livide.

Qui tient son verre en main
Est des nôtres, ça oui ; sous la tonnelle où passe
Un parfum de jasmin,
Au palais réjoui portons, saveur fugace,
Le vin rouge carmin.

Jouissons lèvre à lèvre, ô ma belle adultère,
Du bonheur d'être amants.
Quand le mot se fait mièvre, on fait bien de se taire
Et la langue qui ment,
Que du dire on la sèvre, absence salutaire !

Jouissons lèvre à lèvre
Du bonheur d'être ici. Quand on n'est pas farouche,
Ma foi, l'on est orfèvre
En la matière, si, madame et votre bouche
Sur ma ... m... mmm... ......... (*)

C'était un soir d'été, verre en main, lèvre à lèvre
Et moi j'ai vu passer
L'amoureuse clarté dans vos yeux bleu de Sèvres...
S'il fallait trépasser
Maintenant pour gésir, que m'emportent la fièvre
De votre bouche, et maints
Soupirs, et le plaisir d'avoir baisé vos lèvres,
Soir d'été, verre en main.


Annonay, dimanche 10 juillet 2016


(*) L'auteur a laissé ce vers inachevé.