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POÉSIES DE MON CŒUR (a) POÉSIES DE MON CŒUR (i)

Qu'avez-vous fait de votre humanité ?

Bienvenue aux esprits éveillés ; vous ne m'en voudrez pas de dédier ce poème aux autres, ceux qui ont oublié le sens de la vie – ils se reconnaîtront.
I

« Vieux camarade, as-tu fini l'année
Selon tes vœux – malgré les circonstances ?
Serre-m'en cinq ! Que l'année en partance,
Vite on l'oublie : zut au virus damné ! »

Mais il m'a dit sans trop d'aménité :
« Non ! Pas la main ! » Sinistre reculade...
Pauvres humains que la peur rend malades,
Qu'avez-vous fait de votre humanité ?

Brave grand-mère à l'échine courbée,
« Votre cabas semble lourd... Mais qu'importe :
Désirez-vous que bientôt je le porte ?
Attention ! » (Elle a failli tomber).

Mais la mort rôde, a dit l'autorité ;
Lors on s'éloigne en pliant sous la charge.
Pauvres humains qui n'en menez pas large,
Qu'avez-vous fait de votre humanité ?

Voici venir l'amie des jours passés.
Les bons moments, les longues promenades
Et, s'il vous plaît, balcons et sérénades :
Pour une amie, ça n'est jamais assez.

Mais le crois-tu ? Quelle importunité... ?
Elle m'a vu : vite elle met son masque.
Pauvres humains tremblant sous la bourrasque,
Qu'avez-vous fait de votre humanité ?

Courtois toujours, je salue, le croisant,
Le promeneur – faudrait-il qu'on s'en prive ?
Instant charmant pour peu que l'on souscrive
À cette idée qu'un bonjour est plaisant.

Mais l'on foudroie d'un regard irrité
Le sans-bâillon qui sourit, l'on fulmine...
Pauvres humains, qui faites triste mine,
Qu'avez-vous fait de votre humanité ?

II

Nul règlement pour une âme alerte et
Nulle exigence, excepté d'être libre...
Qu'ils soient nombreux, les gens de ce calibre :
Leur cœur serein s'ébat en liberté.

En attendant que la sérénité
Gagne vos cœurs, hier encore interdite,
Pauvres humains croisés naguère, dites :
Qu'avez-vous fait de votre humanité ?
Annonay, vendredi 8 janvier 2021