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POÉSIES DE MON CŒUR
L e s   c a h i e r s   d e s
P O É S I E S   D E   M O N   C Œ U R


Poème pour un peuple en colère

mais avec trois strophes in fine pleines de bienveillance



Capitalisme, libéralisme, actionnariat : infernal trio qui méprise les individus, dénie toute forme de solidarité et ruine la planète.

La dictature parfaite serait une dictature qui aurait les apparences de la démocratie, une prison sans murs dont les prisonniers ne songeraient pas à s'évader. Un système d'esclavage où, grâce à la consommation et au divertissement, les esclaves auraient l'amour de leur servitude.

Aldous Huxley, Le meilleur des mondes


I

Ténors avérés de la politique,
Vous parlez toujours fort élégamment :
La langue de bois a son esthétique.
Immondes menteurs, la langue de bois,
C'est votre credo. Pour vos boniments,
Qu'importe les mots si les mots flamboient !

Quel écœurement suscite un peu leur mine enjouée !
En voyant leur réussite, on a envie d'échouer !

La bienvenue chez les actionnaires !
Leur moindre défaut : la cupidité.
« Désir d'argent » dit le dictionnaire
Mais pour ce désir, combien de départs,
De plans sociaux par avidité,
Combien de chômeurs, tristes salopards ?

Quel écœurement suscite un peu leur mine enjouée !
En voyant leur réussite, on a envie d'échouer !

Patrons proclamés de vos entreprises
Cotées à la Bourse au prix du marché,
Vous dites : « Et quoi ? Alors, la reprise ? »
Voyous distingués, le marché s'il ment
A bon dos. Pour vous, la vita dolce,
Pour les travailleurs, les licenciements !

Quel écœurement suscite un peu leur mine enjouée !
En voyant leur réussite, on a envie d'échouer !

Banquiers profiteurs, députés, ministres,
Manipulateurs de tous horizons,
Vous « réussissez », bateleurs sinistres.
Comme on dit dès lors dans tous les pays :
Les plus enjôleurs ont toujours raison,
Moins le peuple entend, plus il obéit.

Quel écœurement suscite un peu leur mine enjouée !
En voyant leur réussite, on a envie d'échouer !

Vous chantez, gredins : « Tra la la lalère,
Vivre riche et libre... » Or la liberté
N'est pas qu'à vous seuls. Le peuple en colère
Saura vous montrer, qui si mal vécut
Sous votre pouvoir, qu'il a sa fierté,
Et s'il faut à coups de pied dans le cul !

Quel écœurement suscite un peu leur mine enjouée !
En voyant leur réussite, on a envie d'échouer !

La société que le peuple exige
Porte des valeurs que vous ignorez ;
Nul peuple aux abois jamais ne transige
Avec ces valeurs, funestes bandits !
Vous ne saviez pas, bientôt vous saurez,
Voyez les drapeaux que la rue brandit !

Quel écœurement suscite un peu leur mine enjouée !
En voyant leur réussite, on a envie d'échouer !

II

Il est convaincant, les strophes altières
Qui prônent demain l'insurrection,
Le poète. Mais, rêveur sans frontières,
Il parle bien mieux des élans du cœur.
Vite un peu d'amour et d'affection !
Honte au désarroi, honte à la rancœur !

Quels élancements suscite un peu l'amour en soutien !
Qu'ensemble on le plébiscite et demain nous appartient !

Sont-ils étonnants ces mots sans nul doute,
N'est-ce pas, lecteur ? Tu pensais : un cri,
C'est un cri pour sûr, que d'aucuns redoutent,
Cette poésie : dehors, les nantis !
Voilà pourtant que le poète écrit
Quatre mots d'amour : effet garanti !

Quels élancements suscite un peu l'amour en soutien !
Qu'ensemble on le plébiscite et demain nous appartient !

Tant pis si l'on me taxe d'angélisme,
Les anges aussi sont des combattants.
Pour crier : « À bas le capitalisme ! »
Je crois aux serments d'amour ici-bas
Et l'amour qui fait chanter nos printemps
Est l'arme absolue de tous les combats.

Quels élancements suscite un peu l'amour en soutien !
Qu'ensemble on le plébiscite et demain nous appartient !


Annonay, dimanche 2 février 2020