Vers le haut de page
Vers le bas de page

POÉSIES DE MON CŒUR
Les cahiers des
P O É S I E S   D E   M O N   C Œ U R


Poème pour l'automne



Je vais sur le chemin que je foulais jadis
Quand j'étais jeune encore,
Hier, aujourd'hui, demain... Combien d'années ? Cinq ? Dix ?
Peut-être plus, j'ignore...

J'ignore : dix, cent, mille... Ivresse, déraison !
Pourquoi faire le compte ?
Le temps s'en moque, il file au rouet des saisons,
À ce que l'on raconte.

Voici les vieux mûriers au bord du grand pré vert
Où quelques chevaux paissent ;
Un rang de peupliers se prépare à l'hiver :
Vois les feuilles qu'ils laissent.

J'ai laissé moi aussi sur l'arbre aux souvenirs
Dépérir tant de feuilles...
Nulle joie, nul souci ne sauraient revenir
Dès que le temps les cueille.

Voici la mare ronde où d'une main hardie
J'aimais jeter des pierres
Et les remous sur l'onde en vagues arrondies
Ridaient la mare entière.

Mare, t'en souviens-tu ? ... Je me courbe pour voir
Ta surface liquide :
Rien ne la trouble plus, pourtant dans ton miroir
Moi j'ai vu d'autres rides.

Voici les sillons droits où repose allongée
La récolte future,
Je reconnais l'endroit, il n'a guère changé...
Berceau ou sépulture ?

D'aucuns ont dû, hélas, à leur tour s'assoupir
D'un sommeil délétère,
Des amis, l'âme lasse, ont cru bon de mourir
Et dorment sous la terre.


Annonay, mardi 4 octobre 2016