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POÉSIES DE MON CŒUR
Les cahiers des
P O É S I E S   D E   M O N   C Œ U R


Petit matin d'hiver



Après la nuit, sévère et glaciale toute,
Le soleil diurnal se lève... Le voici !
Plaisant soleil d'hiver, je te salue ! Sans doute
Un bonjour matinal peut rendre heureux. Merci,
Soleil, de briller vers la Terre et sur ma route,
Resplendissant fanal, pour m'éclairer : merci.

Les barrières de bois dans les prés blancs de givre,
Ombres démesurées, semblent traits de fusain.
Un corbeau aux abois que la famine enivre
De son bec acéré fouille le sol en vain.

Les vaches aperçues dans la prairie qui fume
Me regardent passer d'un air conciliant...
Braves bovins pansus, vous ignorez le rhume :
Vous, au rhume empressé, n'êtes point accueillants.

La maison qui somnole, aux parements grisâtres
Et aux tuiles voûtées s'éveille incontinent,
Un filet bleu s'envole : on fait du feu dans l'âtre,
Prépare-t-on le thé qu'on prend en déjeunant ?

Cinq ruches alignées sur leur poutre vermeille :
Je commets un détour... Les abeilles pourtant,
Par l'hiver assignées dans leurs quartiers sommeillent.
Abeilles, votre tour attendra le printemps.

Les arbres démunis, de leurs branches de verre
Diaphanes assez scintillent à l'envi.
Dans un jardin garni d'un vieux bassin de pierre,
C'est un miroir glacé que le froid a ravi.

À cent mètres d'ici, sur la crête où dépassent
Des chênes griffonnés à la mine de plomb
Dressant leur tronc noirci, tournoie quelque rapace ;
Qu'il fait froid cette année malgré le soleil blond !

Un petit âne gris en brayant quand je passe
M'explique : « Cette nuit, il a gelé, crénom !
Mais moi j'ai bon abri, aussi bonne paillasse. »
Petit âne à minuit dort dans son cabanon.

Puis à la nuit sévère et glaciale toute,
Le soleil diurnal succède et moi d'ici,
Plaisant soleil d'hiver, je te salue ! Sans doute
Un bonjour matinal peut rendre heureux. Merci,
Soleil, de briller vers la Terre et sur ma route,
Resplendissant fanal, pour m'éclairer : merci.


Annonay, dimanche 29 janvier 2017