Vers le haut de page
Vers le bas de page

POÉSIES DE MON CŒUR
Les cahiers des
P O É S I E S   D E   M O N   C Œ U R


Moi j' fais la guerre



Le poète se bat par les mots qu'il écrit,
Pour les idées qu'il sème, infécondes souvent,
Est-ce tomber si bas que de pousser un cri
Et d'oser un poème aux mots crus et vivants ?

Moi j' fais la guerre à la conn'rie
Puisqu'il faut parler franchement.

« Chuis pas raciste mais ce sont tous des bandits ! »
Le raciste ordinaire informe, c'est urgent.
Les braves gens jamais ne font de discrédit.
Étranger, étrangère, ici vivent ces gens.

Moi j' fais la guerre à la conn'rie
Puisqu'il faut parler franchement.

Les églises toujours font croire aux paradis,
La mélodie est douce à l'ouïe des croyants,
Plus tard, un de ces jours, cochon qui s'en dédit,
Là-haut vous irez tous. Hardis, les cœurs vaillants !

Moi j' fais la guerre à la conn'rie
Puisqu'il faut parler franchement.

Sur le bitume gris, en fin d'après-midi,
La famille en partance – à nous, les bons moments ! –
Oublie le chat surpris, le chien abasourdi.
La voiture s'élance et file vivement.

Moi j' fais la guerre à la conn'rie
Puisqu'il faut parler franchement.

Ils sont là pour prier leurs dieux du samedi
En route pour le titre impérativement,
Ils pourront donc crier, sinistre comédie,
« À mort, à mort l'arbitre ! » en guise d'argument.

Moi j' fais la guerre à la conn'rie
Puisqu'il faut parler franchement.

Jamais de main tendue dans la ville. Un édit
Qu'a pris monsieur le maire écarte l'indigent,
Pas de ça dans la rue, le touriste, pardi,
N'aime pas voir misère où il jette l'argent.

Moi j' fais la guerre à la conn'rie
Puisqu'il faut parler franchement.

Le poète est happé par les mots qu'il écrit,
Ballotté par la houle, il médite en songeant
Qu'il vaut mieux se tromper tout seul que d'être pris
Au milieu de la foule avec les braves gens.


Davézieux, dimanche 10 mars 2013