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POÉSIES DE MON CŒUR
Les cahiers des
P O É S I E S   D E   M O N   C Œ U R


La Transversale
(Bozas-Tournon)



Randonnée du vendredi 29 avril 2016


La Transversale


C'est un clair matin de printemps.
Je suis heureux : je me promène
À l'endroit où mes pas me mènent,
Le sac au dos, le cœur content.

Le Doux, si bien nommé, lascive
Rivière, va sans désarroi
Sous le pont de Boucieu-le-Roi.
Il est tôt, nulle âme qui vive.

Aparté 1
[Puis j'ai le cœur un peu serré
De retrouver dans cette gare
– Ô souvenirs où l'on s'égare ! –
Le Mastrou sur sa voie ferrée.]

Il s'épuise, qui se dépêche...
Car il ne faut point s'y tromper :
Un marcheur doit savoir grimper.
Montagnes, vous êtes l'Ardèche !

Bon, grimpons... Sont-ils envieux,
Les pins immobiles, ou sages ?
Ah, la crête ! Au loin des villages :
Arlebosc, Colombier-le-Vieux.

Du vert partout, de la verdure
Et du bon air ensoleillé,
Je suis heureux, c'est bien payé
Pour tous les efforts que j'endure.

Bien payé, oui, mais pas volé...
J'avais grimpé, j'en suis fort aise ;
Après le Doux, voici l'Ormèze
Qui court au fond de sa vallée.

Hardi, marcheur, hardi ! Courage !
Tu ne peux pas rester en bas.
Parfois marcher est un combat.
Allez, plus qu'un dernier virage !

Tout arrive : c'est le replat
Que j'attendais. Deuxième crête,
Sur l'horizon, la silhouette
Du village qu'on nomme Plats.

Plats... Mais printemps, été, automne
Ou hiver, peu chaut la saison :
Il faut plonger jusqu'au Duzon.
Pas Ardéchois qui s'en étonne !

Aparté 2
[Je, qui naquis au bout de l'an
– C'est le destin, le chef d'orchestre ! –,
Salue en passant, Saint-Sylvestre,
Tes maisons aux toits rutilants.]

Plats... C'est un joli nom qui fleure
Bon. N'est-il pas le bienvenu,
Qui rappelle quelque menu,
Ce nom ? Mangeons, il est 13 heures !

Doux, Ormèze, Duzon, ma foi,
Si vous franchir fut une épreuve,
Il me faut, pour trouver le fleuve,
Descendre une dernière fois.

Que fait le temps ? Est-il, pardine,
Si pressé ? À trop se hâter,
On se croirait en plein été
Quand avril demain se termine.

Mais même si je souffre de
La chaleur – ô, Soleil, couronne
Ardente ! –, je cours sus au Rhône
Par le GR 42.

De la crête, troisième en somme,
J'aperçois l'Alpe immaculée,
Le fleuve-roi qui s'écoule et
La plaine et les monts de la Drôme.

Tout passe, qu'on le veuille ou non :
Voici, blotti près de la rive,
Terminus où bientôt j'arrive,
La bonne ville de Tournon.

Ce fut un clair jour de printemps,
Moi le plus heureux de la Terre,
J'allai où mes pas me portèrent,
Le sac au dos, le cœur content.


De retour sur les lieux trois mois après, successivement :
Bozas, Boucieu, Plats, Tournon,
vendredi 29 juillet 2016