Vers le haut de page
Vers le bas de page

POÉSIES DE MON CŒUR (a) POÉSIES DE MON CŒUR (i)

Joëlle et le poète
(Dame de cœur et as de pique)

*** Joëlle et le poète
Petit poème en rimes équivoquées.
Elle se nommait Joëlle
(Mais on l'appelait « Jo »). Elle
Avait tout pour plaire. « Hélas,
La dame de cœur et l'as
De pique, trop de nuages !
C'est la vérité nue ». Ah ? J'
Dis, moi, l'as de ce poème,
Moi qui t'ai dans la peau : « Aime-
Moi, ma dame au cœur battant !
Tu ne dis rien ? Non ? Bah, tant
Mieux. "Qui ne dit mot consent".
Puis il est des traits qu'on sent :
La vérité nue ? Mensonge !
Vérité mais qui... ment ! Songe
À l'as de pique, marraine
De mon cœur, bientôt ma reine.
Songes-y, l'amour loyal
    Sait imposer sa loi. Y' a l' (1)
Petit dieu, arc et carquois,
Qui veille sur nous. Car quoi ?
N'est-ce pas là, ma drôlesse,
Le rôle de ce drôle ? Est-ce
Qu'il faudrait qu'on le tourmente ?
Non ! Je passe mon tour ! Mente
Qui voudra mentir... Assez
De mensonges nus ! Ah, c'est
Le vœu d'un cœur en émoi :
Soyons amis, toi et moi !
— D'accord, répondit Joëlle
(Que l'on appelait « Jo »), hèle-
Moi bien sûr si ça t'amuse,
Ça occupe un peu ta muse,
Pourtant tiens-toi à carreau,
Pas de grand chelem car au
Besoin, je sors mes atouts !
Doucement... Pas de hâte.
T'égares-tu, mon poète,
Pour m'avoir dans la peau ? Êtes-
Vous tous de si grands sensibles ?
— Éros ne joue pas sans cible !
Il m'a eu, le bel archer,
Qui exerce son art chez
Les ego bons et aimants.
Honte au « Je » qui triche et ment !
— Au jeu ? a repris Joëlle
(Que l'on appelait « Jo »). Ailes
De la roue de la Fortune,
Portez-la vers moi – fort ! Tu n'
Sais pas combien je voulais
Une âme intègre... Vous, les
Poètes, êtes ainsi,
Purs et honnêtes, hein ? Si
Tu veux, faisons donc affaire,
Jouons à deux, tant qu'à faire
Et pour des parties épiques,
Associons cœurs et piques ! »
Depuis nous sommes amis,
Sur la table où elle a mis
Un grand tapis de jeu, ton
Vert – et un tas de jetons,
Nous faisons chaque dimanche
Une bataille en dix manches.
(C'est égal, j'aime jouer,
Les bises sur la joue et
Tout le reste... Mais demain ?
Qui peut savoir ? Pour autant,
Prenons la vie à deux mains
– Et laissons du temps au temps...)
Annonay, mardi 11 juin 2019
(1) Synérèse volontaire sur y' a (ia)