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POÉSIES DE MON CŒUR
Les cahiers des
P O É S I E S   D E   M O N   C Œ U R


Ipotesti



En hommage à M. Eminescu, poète roumain, auteur de « Lacul » (Le lac).


C'est un beau lac, ses eaux sont calmes. La verdure
Des joncs et des roseaux lui fait une parure
De tiges émeraude aux têtes allongées,
Quelque grenouille rôde à l'affût du danger,
Ici, un petit pont enjambe l'eau qui dort,
Un nénuphar tout rond se vêt de blanc et d'or,
Une branche parfois – on pense une seconde
À un serpent de bois – émerge au ras de l'onde
Et la laie sur la berge arpente le couvert
Des hauts arbres qu'héberge à l'entour le lac vert.

En ce lieu, dans ce parc, le poète charmé
A rêvé dans sa barque à celle qu'il aimait
Et qui n'est pas venue lorsque brillait la Lune.
Amoureux ingénu, crois-tu que la fortune
S'attache alors aux cœurs que l'amour investit ?
En flânant sur les bords du lac Ipotesti,
J'ai aimé moi aussi mais les plus doux serments
N'auront pas réussi à la séduire. Amant
D'une époque passée, ainsi va l'existence :
Tout peut recommencer ; hélas, tout recommence !


Davézieux, vendredi 21 décembre 2012


Dans la traduction de Constantin Frosin, voici, en écho à « Ipotesti », le poème de Mihai Eminescu, « Lacul » (Le lac). Constantin Frosin, né en 1952 à Herăstrău, Vrancea, en Roumanie, est un écrivain et traducteur roumain et français.


Un lac bleu, au milieu d’un bois
De jaunets d’eau est parsemé,
Faisant des ronds d’écume sur l’eau
Une petite barque s’y voit trembler.

Je me promène le long des berges,
L’oreille tendue, pris de langueur.
Je brûle de la voir jaillir des joncs
Et tendrement me presser sur son cœur.

De sauter ensemble dans la barque
Par le murmure des vagues guidés,
De lâcher le gouvernail,
Les avirons d’abandonner.

De flotter, ensorcelés,
Au clair de la lune, douce et blonde –
D’ouïr les joncs bruire au vent
Et le tendre clapotis de l’onde !

Mais elle ne vient pas. Solitaire,
J’ai beau souffrir et soupirer
Au bord de ce lac bien bleu
De jaunets d’eau tout parsemé.