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POÉSIES DE MON CŒUR
Les cahiers des
P O É S I E S   D E   M O N   C Œ U R


Décembre de mes amours



Rutilant dans l'azur, Sa Majesté Solaire
Emplit l'air délassé de ses tièdes rayons.
Là-bas, dessinée sur l'horizon de la Terre,
L'Alpe semble tracée à grands coups de crayon.
Pas un souffle, il fait beau, nul arbre ne se cambre
Sous le vent au repos de ce jour de décembre.

Je vais sans me presser sur le chemin qui penche.
Un chat rêve, lunaire... « Ami, bien le bonjour !
Puis-je vous caresser ? » Pour un chat, le dimanche
Est un jour ordinaire autant qu'un autre jour.
« Comment imaginer que l'hiver est en route ?
Qu'en penses-tu, minet ? Pour moi, vois-tu, j'en doute ! »

Il n'a pas répondu... Ils sont sur l'autre rive
Du fleuve de la vie, les chats silencieux.
Le tapis, étendu dans le parc où j'arrive,
Des feuilles que ravit l'automne, précieux
Tribut des arbres, ceint leur tronc de taches d'or.
L'hiver pour le bassin, c'est le jet d'eau qui dort.

Mais pour l'instant, Seigneur du gel, de la froidure,
Tu n'es guère méchant. Fourbis-tu pour demain
Tes armes, batailleur des longues nuits qui durent
Quand la neige descend sur le chef des humains ?
Il faudra bien, pardi, se faire une raison
Et danser, comme on dit, la ronde des saisons.

Car chaque saison suit celle qui la précède,
Le printemps des rêveurs rend le cœur frémissant,
Quand le printemps s'enfuit, l'été qui lui succède
Apporte la ferveur qui fait l'amour puissant.
Durez, beaux jours, durez ! Car lorsque vient l'automne,
L'hiver arrive après, qui n'épargne personne.

Je l'aimais ! J'ai crié : « Mon dieu, que tu es belle ! »
Elle m'aima – oh, ça... – autant que je l'aimai,
Mais au calendrier des amours éternelles,
Décembre un jour chassa le joli mois de mai.
Amour, toujours vainqueur... ? Mais quand les saisons passent...
Hiver, dedans son cœur, tu répandis ta glace.

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Dans l'azur rutilant, Sa Majesté Solaire
Emplit l'air délassé de ses pâles rayons.
Je marche d'un pas lent et le cœur solitaire,
Je vais sans me presser et le cœur en haillons.
Pas un souffle, il fait beau, nul arbre ne se cambre
Sous le vent au repos de ce jour de décembre...


Annonay, dimanche 6 décembre 2015