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POÉSIES DE MON CŒUR
Les cahiers des
P O É S I E S   D E   M O N   C Œ U R


Complainte de la connerie



Connerie humaine, abîme insondable,
Vérole insensible aux assauts du temps,
Essaie d'oublier mes pauvres semblables
Comme tu as su m'épargner ; pourtant
Je suis un modeste et je sais bien qu'on
Dit parfois de moi : « Ce gars-là, quel con ! »

Imitation ou con véritable,
Quelle différence ? Déjà, antan,
L'orgueilleux taureau, couché dans l'étable,
Dormait à côté du vieux bœuf ; pourtant
Je ne suis pas dupe et je sais bien qu'on
Dit parfois de moi : « Ma doué, quel con ! »

Le tri sélectif, geste responsable,
Un geste nouveau ? Non, depuis longtemps
La connerie passe au crible le sable
De l'humanité – hormis moi : pourtant
Je suis réaliste et je sais bien qu'on
Dit parfois de moi : « C'est pas vrai, quel con ! »

La connerie frappe, été délectable,
Automne frileuse, hiver ou printemps,
Que le froid soit vif, la chaleur palpable.
Moi qui suis douceur, peu me chaut ; pourtant,
Je suis très sensible et je sais bien qu'on
Dis parfois de moi : « Sacrebleu, quel con ! »

Luciférien ou chrétien affable,
Ange du ciel ou suppôt de Satan,
Connerie ne craint ni Dieu ni le diable.
Moi qui crois tout seul, je m'en fous ; pourtant
Je n'ai aucun doute et je sais bien qu'on
Dit parfois de moi : « Nom de Zeus, quel con ! »

Quant au roi des cons, il est improbable,
Vieillard décharné, jeune de vingt ans,
Qu'il soit détrôné ; moi qui, fait notable,
Suis républicain, je souris ; pourtant
J'ai l'esprit lucide et je sais bien qu'on
Dit parfois de moi : « Celui-là, quel con ! »

Connerie humaine, abîme insondable,
Vérole insensible aux assauts du temps,
Essaie d'oublier mes pauvres semblables
Comme tu as su m'épargner ; car tant
Que, telle la neige aux mille flocons,
Tu tomberas dru... blanchiront les cons !


Davézieux, jeudi 9 janvier 2014