Vers le haut de page
Vers le bas de page

POÉSIES DE MON CŒUR
Les cahiers des
P O É S I E S   D E   M O N   C Œ U R


Bilan



Je ne suis pas comptable et les chiffres me font
Un effet détestable, aussi bien je confonds
Là le six et le neuf (tête en bas, tête en l'air),
Le zéro et un œuf (pardon, gent aviaire),
Le huit et l'infini (l'un debout, l'autre à plat)
Puis le 1 et le i (ici point, là méplat).

Pourtant j'userai dans mon grand et bel élan
D'un terme d'intendant : voici donc le bilan
De ma vie. En faisant en somme la synthèse
Des mois, des jours, des ans jusqu'en 2013,
Note que je prends soin de tracer deux colonnes :
    Signe plus, signe moins, je soustrais, j'additionne. (1)

+

Mon grand soir,
Mon 8 mai,
Cet espoir,
Désormais
La nation
Change d'approche :
Élection
Enfin d'un Président de gauche

Mon métier,
Mes affaires,
Tout entier
À bien faire,
À enseigner
Maints écoliers
Sans rechigner.
Où êtes-vous, mes chers cahiers ?

Mes finances,
Ma fortune,
Opulence
Opportune.
Gagner beaucoup
Pour mieux rêver...
Tout a un coût,
Je ne me suis jamais privé.

Ma personne,
Mon grand corps,
Je ne donne
Sans remords
Au médecin
Aucun salaire,
Un esprit sain
Dans un corps sain et volontaire.

Mes amis,
Mes amours,
Alchimie
Des beaux jours,
Les bons moments
Que je vous dois,
J'en fais serment,
M'auront apporté tant de joie.
-

Mon grand soir,
Mon 8 mai,
Enfin voir
Transformer
Ce beau pays.
Hélas nous fûmes
Lâchés, trahis.
Il paraît que c'est la coutume

Mon métier,
Mes affaires,
À moitié
Pour me plaire,
Oh, ces rentrées
Sans agrément
Et sans attrait.
Aurais-je dû changer vraiment ?

Mes finances,
Ma fortune,
Résidence
Sur la Lune ?
Argent pervers,
Illusions,
Ois le concert
Des gens déçus par millions.

Ma personne,
Mon grand corps,
Muscle atone,
Inconfort,
Un bras bancal,
Choc idiot,
À l'hôpital
Pour passer une radio.

Mes amis,
Mes amours,
Tant promis,
Beaux discours,
Toutes les larmes
Que j'ai versées
Sous votre charme
M'auront souvent fait dire : Assez !


Je me dois de conclure, ainsi le veut l'usage.
La vie est imposture et les mauvais passages
Qu'elle ourdit sans faillir auraient dû m'éclairer.
Cet instant de plaisir me pousse à mieux pleurer
Quand soudain il expire où il faudrait durer,
C'était peu mais c'est pire et j'ai le cœur serré.

Pourtant la vie est belle à qui sait la saisir,
Quand brille l'étincelle où brûle le désir,
Par celle qui nous aide à trouver le chemin
Ou celle qu'on précède en lui tendant la main.
Je parcours l'existence en relevant les yeux,
Je chante l'espérance et j'ai le cœur joyeux.

Le bilan est adopté,
(Et à l'unanimité
Par une voix contre rien !)
Puisque la vie va et vient,
Allons-venons avec elle,
Le jeu en vaut la chandelle.


Davézieux, mercredi 19 juin 2013


(1) Synérèse volontaire sur j'additionne (ja/di/sione)