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POÉSIES DE MON CŒUR
Les cahiers des
P O É S I E S   D E   M O N   C Œ U R


Anniversaire



À Robert, dit Bob, qu'on a accompagné pour son ultime balade terrestre le 1er août 2014, aux copains de l'astronomie qui l'ont précédé : Pierre et Agnès, Guy, Christian (dit Mirabelle) et à celles et ceux qui le suivront.


Voilà tout juste un an que, mon brave compère,
Nous t'avons dit adieu et personne ne peut
Ignorer maintenant que tu t'es fait la paire.
Quand on est près de Dieu, on doit s'en f... un peu.

Car tu es près de Dieu, n'est-il pas vrai, vieux frère ?
Si tu es un damné, c'est le monde à l'envers,
Le diable règne aux cieux comme il fait sur la Terre
Et le paradis n'est qu'un ersatz de l'enfer !

Le vois-tu ? Ici-bas, rien n'a changé. Naguère,
– T'en souvient-il, des nues ? – l'homme était un faucon
Au cœur cruel : combats, attentats, luttes, guerres...
Et bien ça continue, l'homme reste un gros con.

Or comment veux-tu donc que ça bouge – au contraire ! –
Si les gens bons et doux s'en vont in mortibus ?
J'implore ton pardon, toi qui n'es que poussière,
Quand tu étais debout, nous étions un de plus.

Puis tout cesse bientôt : joyeux anniversaire !
Merci d'avoir choisi tes copains d'Uranie
Pour quitter les tréteaux de la vie sublunaire.
« Allez, public transi, le spectacle est fini ! »

Dans une question posée l'année dernière,
Je voulais savoir qui t'avait dit : « Par ici ! »
Une autre question : as-tu rencontré Pierre,
Mirabelle, Agnès, Guy et les autres aussi ?

Jésus vint par minou... Si Dieu dit : « Notre Père,
Vous qui êtes aux cieux... », parle-t-il à son chat ?
Demande-lui pour nous, toi qui t'es fait la paire.
J'imagine tes yeux : tu en souris déjà.

J'écris n'importe quoi, excuse-moi, peuchère,
Mais c'est pour mieux en rire avant que d'en pleurer.
Dis-moi, destin, pourquoi ? « Allons, la belle affaire !
Tout homme doit mourir, rien ne saurait durer. »

On se retrouvera, chacun de nous l'espère,
En quelque endroit – où est-ce ? – ami, toi tu le sais.
On se rappellera nos petites misères,
Nos moments de liesse et les jours du passé.

Puis nous regarderons, l'œil contre l'oculaire,
Le fabuleux décor des mondes vus d'en haut,
Alors nous comprendrons peut-être le mystère
De la vie, de la mort, de Dieu et du chaos.

Voilà tout juste un an que, mon brave compère,
Nous t'avons dit adieu et personne ne peut
Ignorer maintenant que tu t'es fait la paire.
Quand on est près de Dieu, on doit s'en f... un peu.


Annonay, samedi 1er août 2015