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POÉSIES DE MON CŒUR
Les cahiers des
P O É S I E S   D E   M O N   C Œ U R


Amours de stage
(Aline)



Aline était délice ; elle riait souvent
D'un rire lumineux comme un matin d'été,
Rire et regard complice ; elle pensait : « Avant
La fin de la semaine – à quoi bon se hâter ? –
Nous deviendrons amis et vous aimerez ça. »
C'était vous à l'instant car on a sa vertu.
Je n'étais qu'un parmi les garçons mais fissa !
Après bien peu de temps, elle me disait tu.

Aline était charmante ; au moment du départ,
Nous avons fait à deux le début du chemin.
Qui est menteur, qu'il mente. Ici, je dis sans fard
La vérité : « Tes yeux... Je les verrais demain,
Dans un mois, dans un an ou dans un million
D'années, tes yeux si bleus, ils me troubleraient tant... »
C'est ainsi qu'en prenant l'autobus à Lyon,
On repart amoureux, plus rien n'est important.

Aline aimait écrire et son premier billet
S'ornait de ces trois mots : « Bien à toi. » Un peu court
Car ce sont mots qu'inspire une belle amitié
Mais l'amitié ne vaut pas les feux de l'amour.
Qu'il prenne donc ma place et cesse de railler,
Celui qui rit de moi. Riez si vous l'osez :
Car j'ai lu : « Je t'embrasse. » au deuxième billet
Et la troisième fois, ce fut : « Tendres baisers. »

Aline aimait à vivre au bon gré du moment,
Également sereine et sans nul désarroi
Mais la femme se livre au premier des serments :
« De mon cœur tu es reine et je serai ton roi. »
Le plus doux des aveux, ô amante éperdue,
S'érige en passe-droit pour une âme en émoi.
Au plus cher de mes vœux, Aline a répondu :
« Tu veux être mon roi ? Alors viens, aime-moi ! »

Aline était ma reine ; elle m'a poussé dans
Son grand lit, la belle câline.
Pourvu qu'il m'en souvienne et mon cœur tremble, ardent,
À cett' poussée d' la reine Aline.


Annonay, vendredi 7 novembre 2014