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POÉSIES DE MON CŒUR
Les cahiers des
P O É S I E S   D E   M O N   C Œ U R


Alice obéie des merveilles



C’est peu d’aimer, il faut aimer toujours : on n’est heureux qu’à force de constance.

Fabre d'Églantine, Romance


Alice est une dame, il n'en est de pareille
En nul endroit du bon Paris.
Qu'elle sanglote ou qu'elle rie,
Qu'elle ait du vague à l'âme ou qu'elle s'ensoleille,

Alice est une dame élégante. Elle est vive
Et déchaîne les passions.
Elle marche à l'intuition,
Seule compte sa flamme unique et fugitive.

Alice à chaque instant s'émeut avec emphase
Des petits bonheurs de la vie,
À chaque instant elle est ravie
Et s'acquitte comptant du prix de ses extases.

Alice ne prévoit rien. Elle est là pour vivre,
Comme on dit, le moment présent,
Rien avant, rien après, faisant
Une chose à la fois puis celle qui va suivre.

Alice au grand jamais ne regrette ; elle passe
En regardant tout droit devant,
À chaque jour soleil levant,
Son cœur reste fermé aux souvenirs fugaces.

Alice va et vient comme la girouette
Qui virevolte à tous les vents,
Elle change d'humeur souvent,
Dimanche elle va bien, lundi elle est défaite.

Alice est imprévue, mais enfin, c'est Alice.
Parfois on dirait une enfant,
« Tout est merveille, entends, vois, sens
Ces merveilles ! » Pourvu qu'elles lui obéissent

(Car Alice le sait : elles lui obéissent,
Les merveilles à tout moment
– Disons : les émerveillements –
De l'existence. C'est son désir, son caprice).

Alice a fait fuir maints amoureux. Pas de veine
Mais qui voudrait suivre ses pas
Quand elle-même ne sait pas
Où elle ira demain ou dans une semaine ?

Alice est une dame, il n'en est de semblable
En nul endroit du bon Paris.
Qu'elle sanglote ou qu'elle rie,
La croiser est un drame : elle est juste invivable.


Annonay et Paris (par ubiquité), samedi 9 janvier 2016