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POÉSIES DE MON CŒUR

Rébellion

(note publiée le 10 octobre 2021)
Malherbe écrivait : « Un poète n’est pas plus utile à la société qu’un bon joueur de quilles ». Certes : le poète, tout comme la poésie, est donc inutile. Est-ce bien sûr ? (Puis quand bien même, faut-il être utile à la société pour exister ?)

Car il me semble que les poètes tout autant que les poétesses (peut-être davantage pour elles) pour inutiles qu'on puisse prétendre qu'ils soient, ont au moins cette qualité : ils ne donnent jamais dans la soumission – à de très rares exceptions près. Si j'en parle aujourd'hui, c'est qu'à aucun moment de mon existence, je n'ai vécu dans une société aussi soumise à des consignes d'une rare stupidité au prétexte de lutter contre une prétendue pandémie, de toute façon maintenant inexistante (2 cas pour 100 000 habitants selon le réseau Sentinelle). Et par dessus tout, je n'ai jamais croisé autant de gens, comment dire, à peu près conscients de ce qui se passe tout en acceptant d'appliquer ces règles idiotes et dangereuses et, défaut rédhibitoire, discriminatoires. Et ce qui prouve, si besoin était de le prouver, que cette soumission est bien installée, c'est que de surcroît, ces règles sont parfaitement illégales au regard du droit français et international.

Les poètes ne se soumettent jamais, sauf, pour les poètes soucieux de la musique des mots, aux règles de la poésie classique – et encore, en les amendant souvent ou en en créant de nouvelles pour que leurs vers chantent encore plus. Bien sûr, il y a eu des « poètes officiels », il y a eu des « poèmes sur commande », etc., mais ce n'est que broutille face à l'ensemble de la profession. Qu'on se souvienne de Théophile (de Viau), emprisonné pour son insolence, de Christine de Pizan, veuve d'un mari adoré, sans ressources et première femme de lettre connue à avoir vécu de sa plume, de Renée Vivien, lesbienne affirmée, de Victor Hugo, chantre de l'abolition de la peine de mort, des poètes de la Résistance, Aragon en tête, Jean Cassou et ses sonnets appris par cœur faute de pouvoir les écrire en prison, etc.

J'ai rédigé au printemps 2020 les « Poèmes du virus ». J'avais alors une vision des choses quelque peu différente de celle qui est mienne en octobre 2021 mais pour ce qui est de la rébellion, antonyme s'il en est de la soumission, rien n'a changé. La Chronique de la Grande Peur ou : La Bête en est un bel exemple. Quant au poème Rebelles, daté de septembre dernier, le titre est suffisamment évocateur.

Est-ce mon état de poète ? Non, je ne suis pas dans la rébellion parce que je suis poète mais la poésie est un excellent moyen de parler de rébellion. Elle n'a jamais été aussi nécessaire que maintenant. Pour autant, je mets la littérature (et donc la poésie) à la place qui est la sienne : si les mots peuvent aider à changer, sinon le monde, en tout cas les choses présentes, ils restent des mots. Je suis donc poète mais également être humain et citoyen libre et qui entend le rester. C'est à ce titre que je dénie à quiconque le droit de me dire ce que j'ai à faire de mon corps, de mon cœur, de mon esprit et de mon âme — et encore moins au tas de crapules qui tente de diriger ce pays. En prose, je dis probablement les choses plus directement qu'en vers mais cherchez et vous trouverez les mêmes idées dans les poèmes de ce site.

Que la poésie parle de l'amour, de l'amitié, de la mort et surtout de la vie, c'est là son rôle. Qu'elle traite des problèmes de société est tout aussi important. En tout cas, moi je continuerai à le faire. Dans la rébellion.