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POÉSIES DE MON CŒUR

Poème abandonné

(note publiée le 28 octobre 2020)
En feuilletant mon carnet d'écriture, celui qui est assigné à domicile (l'autre, plus petit, se balade avec moi), je suis tombé sur quelques vers mort-nés. Deux quatrains qui doivent dater un peu – disons, d'après leur contenu et leur position dans le carnet, du printemps dernier.
Poème abandonné
Je vous livre ce haut de page.

(2) Pauvre liberté, qu'on dépouille, histoire
De l'assujettir, se traîne en haillons.
Pour votre salut, masque obligatoire !
Le masque pour tous ! Chacun son bâillon !

(1) Pauvre liberté. « Personne ne ment,
Affirme le Prince au peuple candide.
Pour votre salut, le confinement ! »
En prison mais sauf : n'est-ce pas splendide ?

Pauvre liberté ! Penser par soi-même
Est répréhensible

Poème abandonné

Les numéros en début de strophes montrent que la première écrite devait se placer après la deuxième ; la troisième n'a été qu'à peine ébauchée. Quant à la brève remarque, qu'on peut qualifier de finale, elle est explicite : Poème abandonné.

Pourquoi, bien des mois après et alors que les événements liés au Covid 19 n'en finissent pas de durer, avec la même gestion calamiteuse et les mêmes mesures inefficaces et liberticides, évoquer aujourd'hui ce morceau de poème qui ne sera probablement jamais publié ? Peut-être pour rappeler que la poésie est à la fois dérisoire, spécialement dans les périodes de crises graves (qui ne se sent pas en sécurité se moque bien d'Érato et de Calliope !) et à la fois indispensable dans sa magistrale inutilité.

Les poètes sont-ils des visionnaires (parce qu'ils passent, dit-on, le plus clair de leur temps à rêver à un monde meilleur) ? Je l'ignore, ce que je sais c'est que je n'ai guère changé mon point de vue, non par principe (« Seuls les imbéciles ne changent jamais d'avis ») mais parce que j'avais et j'ai encore le sentiment que ce virus aura servi de prétexte pour asservir gentiment les peuples de cette planète. Relisez-les : quand j'écrivais ces quatrains de décasyllabes en rimes alternées, de quoi parlai-je ? De la liberté assassinée, des symboles de cette histoire (évidents, les symboles !) : enfermer les gens pour les mettre en sécurité (« En prison mais sauf ») et les faire taire par le port obligatoire d'un accessoire aussi inutile que dangereux (« Chacun son bâillon ! »).

La troisième strophe prenait un ton encore plus explicite (« Penser par soi-même / Est répréhensible »). Peut-être ai-je décidé de briser là pour ne pas en rajouter. J'avais déjà publié plusieurs poèmes (lisibles bien entendu sur ce site, voyez la section « Poèmes du virus ») qui exprimaient clairement, crois-je, ces mêmes idées. Je regrette (un peu) l'abandon de ce poème. Même dérisoire, comme je l'écrivais ci-dessus, la poésie a toute sa place quand il s'agit d'éveiller les consciences.

J'ai fait ce que j'ai pu pour ça – en tout cas, ce que j'ai cru bon de faire. Sans le « poème abandonné » du printemps 2020. Espérons qu'il ne sera pas nécessaire d'écrire d'autres poèmes de la même veine, pourvu que les consciences s'éveillent. Seul l'Amour inconditionnel sera efficace dans la lutte qui a déjà commencé. D'autres, parmi mes poèmes, le disent sans détour. Je vous laisse le soin de les découvrir si le cœur vous en dit.

À nous de prendre en main notre avenir.