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NOTES


J'ai lu avec attention un bouquin fort intéressant à la bibliothèque d'Annonay. Il s'agit de « Regards sur l'image », d'Hervé Bernard, éditions Regards et impressions. J'espère pouvoir vous en dire plus prochainement dans la section Biblio (mais une recherche rapide semble indiquer que l'ouvrage, paru en août 2010, est épuisé). En attendant, j'ai relevé quelques passages, dont celui-ci (page 32) :

Photographier, c'est mettre en scène

Choisir de déclencher au moment où un personnage a pris la bonne place dans le cadre est déjà une forme de mise en scène. « Dans une guerre, il faut détester ou aimer quelqu'un, en tout cas prendre position, sinon on ne supporte pas ce qui se passe. » Cette citation de Robert Capa est directement liée à cette mise en scène. Décider de placer un élément d'une photo à tel endroit d'une image ou choisir telle lumière est une manière de choisir son camp. Une prise de vue est une prise de position par une « mise en place » plus ou moins active de ses éléments. Mise en place qui devient elle-même une prise d'opinion. [...]

La non-intervention existe-t-elle ?

À partir de ces constats, on peut se demander ce que signifie intervenir sur une photo ? Henri Cartier-Bresson affirme qu'il n'intervient pas sur l'image, alors qu'il attend patiemment que tous les éléments « soient en place » ou, toujours pour le citer, que le fameux « instant décisif » soit là pour déclencher. Est-il plus « inactif » que Doisneau ? Intervient-il moins que ce dernier qui met en scène son image ? Sélectionner une image sur la planche contact, une séquence pour le montage d'un documentaire, c'est bien entendu déjà intervenir sur l'image. C'est justement parce qu'il y a intervention humaine que l'on peut parler de la photographie comme d'un art. C'est cette intervention humaine qui transforme toutes les techniques en un art à part entière. Si la photographie était aussi univoque que certains le pensent, ce travail de tri, de sélection n'aurait pas lieu d'être. La bonne photo s'imposerait, serait une évidence, au minimum à la lecture de la planche contact et éventuellement à la prise de vue, et dans ce cas le photographe ne déclencherait qu'une seule fois.

Qu'en pensez-vous ?

Juin 2014
Photo-Jeunesse n°66Nostalgie... Je viens de feuilleter (ce n'est pas la première fois) quelques exemplaires d'une vénérable revue consacrée à la photographie et, hélas, disparue de nos jours. Photo-Jeunesse, qui deviendra sur la fin Photographiques, était éditée par la Ligue française de l'enseignement et de l'éducation permanente, qui fédérait les F.O.L. (Fédérations des œuvres laïques). Je débutais en photographie à cette époque et je m'étais abonné à la revue via l'École Normale de Privas. Cela se passait dans la seconde moitié des années 70.

Une des particularités de Photo-Jeunesse résidait dans sa manière d'aborder la photographie et dans l'intérêt porté à l'acte photographique dans ses aspects certes technique (mais toujours au service de l'expression) et surtout sociologique. Que d'articles publiés, qui allaient à l'encontre des courants, déjà nombreux, qui voulaient faire de la photo un espace clinquant, commercial au possible, où la frime et la technique reine auraient régné en maître(sse)s.

Je ne peux résister au plaisir de vous livrer ici deux extraits du numéro 66 daté de décembre 1977. Ils vous montreront le (bon) parti-pris rédactionnel de la revue et, de plus, il est toujours très intructif de relire ce qu'écrivaient des journalistes il y a quelque 35 ans. La photographie du XXIe siècle sera-t-elle celle que décrivent les auteurs des années 2010 ?


Extrait de l'éditorial (p.4) - L'accessoire... et l'essentiel

Au dernier Salon de la Photo, il y a un mois, était annoncé pour commercialisation prochaine en France, le nouvel appareil à mise au point automatique. Finies les photos floues !

On croit rêver ! Ainsi les producteurs ne reculent devant aucun gadget susceptible de séduire le consommateur et, par contrecoup, d'augmenter la consommation. Et, dans ces pièges à la Panurge, les moutons de se précipiter ! (...)

Extrait de Photographie et société (p.18)

(...) Nous attendons maintenant, avec impatience, le prochain perfectionnement qui ne manquera pas de nous être proposé d'ici peu : le « computer esthétique » déterminant en 1/800e de seconde l'intérêt de l'image et du sujet. Un circuit intégré permettra de déclencher seulement lorsque la personne sourira. Que de chefs-d'œuvre en perspective !

Soyons sérieux. (...)


Et voilà... Tout est dit : nous y sommes. Au demeurant, la mise au point automatique ou la détection des sourires (car c'est bien de cela qu'il s'agit en 2014) ne sont pas forcément des calamités, sauf à être présentées, ce qui est le cas, pour des éléments indispensables alors que ce ne sont que des gadgets et sauf à éclipser l'essentiel, en particulier pour les photographes débutants, que la photographie n'est pas affaire de matériel, mais de regard et d'intention(s).

Décidément, Photo-Jeunesse ne cessera jamais de m'étonner... et de me ravir.

Juin 2014

J'ai sans doute été très occupé à marcher, à photographier et à écrire des poèmes ces derniers temps. « Marcheur et photographe, à l'occasion poète... ». Quoi qu'il en soit, je venais de me rendre compte que celà faisait près d'un an que je n'avais pas rédigé de notes quand justement, l'occasion de râler un peu s'est présentée à moi récemment.

Je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais la France (qu'en est-il ailleurs, chers visiteurs venus de quelque lointaine contrée ?) est LE pays des lignes
téléphoniques et des lignes électriques avec le bouquet : les lignes à haute tension... C'est là que je veux en venir : pourquoi, dès lors qu'un sympathique/joli/remarquable paysage se présente aux yeux du marcheur-photographe ébloui, faut-il qu'il y ait presque systématiquement un ou plusieurs de ces f... câbles qui traversent le champ convoité ? Je suis sûr que c'est fait exprès, ce n'est pas possible qu'il en soit autrement.

En photographe opportuniste (l'opportunisme peut être défendable en photographie), je tâche de faire pour le mieux. D'où ces images de pylônes que vous aurez peut-être notées au hasard des balades et randos qui figurent sur ce site. Quelle impression vous font ces photos ? Pour ma part, je l'avoue, ces masses de ferraille m'inquiètent et, même, me mettent parfois la pétoche. C'est d'ailleurs ce que j'essaie de traduire en image. Non, je n'aime pas du tout frôler ces monstruosités. Mais bon, un marcheur doit savoir aller de l'avant malgré les obstacles. J'ai appris à ne plus redouter les chiens aboyeurs qui, au reste, sont plus bruyants que méchants. Mais les pylônes, non, je n'y arrive pas... Sans compter ces damnées ficelles d'acier qui bousillent sans la moindre vergogne les plus jolis coins d'Ardèche (et de la Drôme et, probablement, d'ailleurs).

Septembre 2013
Des milliards de photographies sont probablement prises chaque jour. Le chiffre réel importe peu d'ailleurs. De toutes façons, la plupart de ces photos (90% ? 95% ? 99% ?) sont appelées à disparaître simplement parce qu'elles sont conservées en dépit du bon sens. Pas de copies, stockage voulu définitif sur des cartes-mémoire (si, si, ça existe), éparpillement et joyeuse pagaille sur les disques durs, etc. Bien sûr, certaines de ces images sont tirées sur papier. Mais ça revient - plus ou moins - à pérenniser des copies, pas les originaux.

De nos jours, il faut être photographe ET informaticien. On sait très bien qu'une photo qui n'est pas triée et répertoriée est clairement perdue. Autant il était facile de gérer des tirages papiers, autant la photo numérique, par son statut d'objet virtuel (si j'ose ainsi dire) est impossible à déplacer, organiser, arranger autrement que via des outils informatiques. Même remarque pour le balisage des photos, qui a remplacé les quelques mots manuscrits parfois inscrits au dos d'un tirage avec un nom, une date, un lieu ... Tout cela s'apprend, rien n'est inné et l'ordinateur capable de gérer tout seul une collection de photos n'est qu'un mythe.

Ce n'est pas nouveau, il faut prendre la peine d'apprendre pour savoir, en photographie comme ailleurs. Les règles de composition, de cadrage, d'éclairage, bref les bases de la technique et de l'art photographique doivent être acquises pour être sues (et éventuellement dépassées). Même chose pour l'utilisation des outils de post-production (retouche, catalogage). Et ce n'est pas en multipliant les pressions frénétiques sur le déclencheur qu'on va progresser. On ne peut qu'ignorer ce qu'on n'a pas appris. Déjà, du temps de l'argentique, on déplorait la conduite du « presse-bouton ». Que pourrait-on dire alors dans le monde du numérique où les presse-bouton se comptent par milliers ?

Novembre 2012

Je découvre le reportage. Et du coup mes contemporains. L'humain, quoi...

Ne souriez pas : j'aime toujours partir, tranquille, seul et sac au dos, pour de bonnes balades dans la Haute-Ardèche (l'Ardèche dite verte, pour les touristes). A chaque sortie, vingt à trente kilomètres sur les sentiers, sur les crêtes et dans les fonds de vallons (le relief ardéchois est plutôt accidenté autour d'Annonay), dans les sous-bois, à travers prés... Photographe de paysages, quoi...

Puis il y a l'humain. Les autres. La photo qui témoigne, bref : le reportage. S'il est agréable de profiter de longs moments seul sur les GR, force m'est d'avouer que moi, le solitaire, je me sens bien (de plus en plus) au milieu des bipèdes. Photographe reporter, quoi...

Que ce soit pour les manifs où les gens en colère le font savoir, que ce soit pour le spectacle de danse de ma fille ou pour un de ses nombreux concerts avec l'harmonie, que ce soit pour contribuer (modestement) au succès post-événement de la Journée mondiale des donneurs de sang, merci à vous qui bougez, dansez, chantez. A vous qui vivez.

Reste à traduire ça en images. Pas si simple. Techniquement, rien à dire (en photo, avec l'expérience, les problèmes sont de moins en moins techniques). Mais si toute manifestation peut être rapportée le plus fidèlement possible (rectification, diront d'aucuns : doit être rapportée le plus fidèlement possible), il est loisible au photographe de traduire aussi ses émotions ou, plus simplement, de laisser s'exprimer son regard sur la chose. L'occasion de rappeler que non, décidément, une photographie n'est jamais objective et, partant, qu'u
n équilibre reste à trouver entre les faits et leur interprétation.

C'est la voie que j'aime suivre. Avec les GR...
Juillet 2012

J'aime beaucoup photographier les photographes.

Je trouve intéressant d'observer les autres, probablement parce que l'observation est à la base de l'acte photographique. De retour de voyage, je garde l'image de ces touristes qui, compact ou téléphone (qui l'aurait cru possible il y a seulement quelques années ?) à la main, photographient à peu près tout dans une espèce de geste automatique. J'ai la nette impression qu'il ne s'agit plus là de photographie : il faut rapporter la preuve qu'on y était.


En visite sur le site de Cnossos (en Crète, près d'Héraklion), j'entre dans la petite salle où sont exposées quelques reproductions. Une foule de gens s'y presse, entre et sort. Non sans lever le bras, l'oeil sur l'écran et le doigt appuyant frénétiquement. Bien évidemment, le résultat sera lamentable et pour deux raisons. D'abord parce qu'on obtiendra le dernier maillon d'une chaîne, donc le plus mauvais : les archéologues ont fouillé, ils ont reconstitué des mosaïques, ils ont réalisé des reproductions de ces reconstitutions, les ont exposées. Ce sont ces reproductions qu'on immortalise... Autant acheter les cartes postales vendues à l'entrée. Ensuite, parce que rien d'autre ne préside à ces prises de vue que le geste quasi mécanique du clic-clac : on voit (sans vraiment observer), on prend une photo et on passe à la suite.

Crète, 2012

Une relation de voyage, qu'elle soit littéraire ou photographique, est difficile. Je peux toujours prendre des notes dans mon carnet, je n'obtiendrai pas ainsi un passionnant récit de voyage (n'est pas écrivain qui veut). De même, je peux photographier à tout va, réaliser ensuite un récit en images est une autre histoire... Personnellement, j'ai renoncé. De retour de voyage, je choisis quelques photos qui me serviront à faire un petit montage centré autour du lieu visité, mais en ne gardant pour lien que le contenu graphique de chaque image. Les autres rejoindront la collection à titre individuel.

S'il passe par là, il se reconnaîtra, l'ami qui nous avait proposé certain jour de voir quelques diapos (c'était il y a longtemps) de Grèce. « Elles sont pas mal, vous verrez... J'ai juste eu un petit problème de posemètre » (il avait dû apprendre le mot récemment). Résultat : 200 photos, la majorité cramées et sans âme. Mais il nous a prouvé qu'« il y était ».

Mai 2012

Il y a deux façons de proposer une photo au regard des autres.

Ce peut être une photo « de travail » ; dans ce cas, il est évident qu’elle peut, voire qu’elle doit, faire l’objet de remarques. C’est même probablement la seule raison valable de montrer un tel document.

Ce peut être une œuvre (au sens initial du terme : une réalisation achevée), conçue comme telle par son auteur ; dans ce cas, il est non moins évident qu’elle n’est pas là pour la critique mais juste pour le regard (l’émotion). Elle sera adorée, aimée, rejetée, détestée ou laissera indifférent.

Il ne faut pas croire que la seconde voie est celle des mégalomanes en quête d’admiration. Il me semble que c’est juste celle du photographe qui a fini d’exprimer ce qu’il voulait et qui l’offre aux regards variés des autres. Chacun sait bien que la perfection n’existe pas et que l’unanimité face à une œuvre est rarissime (si elle a jamais été). Mais ce ne sont pas là des raisons pour ne présenter que des « brouillons ». Il faut faire preuve de courage et, sans la moindre honte ni la plus petite prétention, oser montrer ce qu’on fait et le dire. C’est d’ailleurs un processus bien plus difficile qu’il n’y paraît car il faut être impitoyable face à ses photos. Du temps de l’argentique, j’ai jeté (approximativement) une photo sur trois. Rien n’a changé en numérique ; je pense même en détruire davantage.

Bien sûr, le regard des autres sur ses « brouillons », pour conseils, peut être important. Il se trouve que, personnellement, je n’ai guère procédé ainsi. La raison en est simple : quand j’ai commencé à photographier vers le milieu des années 70, pas d’Internet, pas d’ordinateurs non plus d’ailleurs … Le seul moyen de se confronter à d’autres était l’entourage immédiat ou les photos-clubs. J’ai tenté de participer aux activités d’un photo-club près de chez moi. Je n’y ai trouvé qu’un encouragement à participer aux « compétitions » (Coupe de France de la diapo, etc.). Or, si quelque chose me hérisse par-dessus tout, c’est bien concourir dans ce genre de domaine ! D’autant que concourir implique plaire à un jury, pas s’exprimer avec sincérité. Quant à la technique, je l’ai apprise seul en bouquinant assidûment et en pratiquant et, croyez-moi, je continue à lire des ouvrages sur la question parce que le numérique a apporté son lot de nouveautés. Je pense avoir de solides bases – à l’exception notable du labo argentique car je n’ai fait que de la diapo – et j’essaie de les consolider encore.

Les forums, les blogs ont changé la donne. Maintenant, on peut facilement montrer ce qu’on fait. Cette profusion engendre inévitablement (mathématiquement serait plus juste) une recrudescence de photos excellentes comme de médiocrités. Mais qu’on puisse afficher ses images est globalement une bonne chose. D’ailleurs, dans l’ensemble, que de gens talentueux …

Août 2011

En art, s’il est un domaine où la subjectivité règne en maître (ou le devrait), c’est bien celui des goûts et des couleurs. Que ce soit pour l’artiste ou pour ses regardeurs (au sens large).

Il me semble qu’un artiste doit posséder avant tout la sincérité, ensuite la technique. Bien sûr qu’un manque de moyens techniques est un frein terrible à la création, mais pour autant la technique me semble passer après la sincérité. 

Face à une œuvre produite sincèrement, quelle est la valeur de la critique ?

Tout être humain a le droit d’aimer ou pas et de le dire. C’est au moment où on tente d’ajouter : «  … parce que … » que les choses se compliquent. Soit on va tenter d’argumenter rationnellement dans un domaine où tout est subjectif, soit on va tout simplement se mettre à parler de soi. Si sur telle photo, l’arbre est placé ainsi, je peux tenter d’expliquer, en faisant appel à la raison (qui prend alors la forme des règles de composition) qu’il aurait dû être ailleurs ; je peux aussi dire : «  Bon, d’accord, cet arbre est là, mais moi, je … » et je parle de moi. Dans un cas comme dans l’autre, si l’auteur a tenté de s‘exprimer sincèrement, je ne me sens guère le droit de formuler des critiques. Je crois qu’il est bien plus important d’aborder une photo avec un œil aussi neuf que possible (ce qui est bien plus difficile qu’il n’y paraît !) que de vouloir tout de suite chercher les choses qui ne vont pas. Voilà pourtant une attitude rare tant est forte l’habitude de chercher chez les autres ce que nous aurions fait ou évité nous-mêmes.

Août 2011

Me voici face à une photo de marine. Cadrage parfait : l'horizon connaît son boulot, il est bien... horizontal. Le partage ciel-mer est fait au milieu de la photo ; il n'y a pas de premier plan.

Je peux alors avoir deux types de réaction.

Soit - et tout bon photographe, ou au moins tout photographe averti, réagira forcément ainsi dans un premier temps - je peux me dire : Et la règle des tiers ? Et le premier plan pour la profondeur de l'image ?

Soit je peux essayer, une fois ce moment passé, d'oublier tout ça et de rentrer dans l'image juste avec les yeux et le cœur. Peut-être le manquement aux règles citées sera trop évident pour que j'adhère, ou peut-être la photo ne me dira-t-elle rien... Mais la démarche aura été faite dans le respect de l'auteur. Un grand photographe, John Hedgecoe, montre précisément ce genre de choses. Hedgecoe est un maître et il explique - le livre où figure cette photo est fait pour ça - le pourquoi du comment. Avant d'avoir lu tout commentaire, je n'ai pas pu accrocher à cette image. Après lecture - et ça me rassure -, pas davantage.

Bien évidemment, dans le cadre d'une critique voulue (c'est-à-dire demandée par l'auteur), ce serait différent. Un rappel de certaines règles de composition et des effets qui en découlent peut apporter un plus. Pourquoi ai-je quand même du mal dans ce cas ? Certainement par nature (je préfère être seul qu'en groupe) et parce que, du coup, j'ai appris ce que je sais seul aussi, par les livres et par la pratique (et je sais qu'il m'en reste encore tant à apprendre !) 

En attendant et à priori, je persiste à croire que tout photographe sait ce qu'il fait et le fait intentionnellement. Quel droit ai-je alors d'émettre des critiques ? Je conserve et tout un chacun aussi, bien sûr, le seul droit d'aimer ou pas, ou d'être indifférent. Ce qui est déjà beaucoup !

Août 2011

Les remarques techniques peuvent permettre de traquer certaines erreurs. Personne n'est parfait mais, sans se réfugier derrière de fausses bonnes raisons, on peut se demander à quel point la technique doit primer sur la sincérité. J'ai l'impression de maîtriser à peu près les aspects techniques de la photo. Je fais encore (et ce sera toujours le cas) des erreurs que j'accepte avec humilité. La seule vraie question à mes yeux est de savoir si une erreur est acceptable au vu du résultat final. Autrement dit : la photo nous touche-t-elle au point de faire oublier les défauts qu'on peut (parfois en cherchant bien) y trouver ?

Les remarques artistiques (permettez-moi de les qualifier ainsi, je ne vois guère d'autres termes) me sont inconnues. Je les ignore et personnellement, je n'en fais jamais en regardant d'autres images. Elles n'ont pour moi pas de sens. Une photo peut plaire, déplaire ou laisser indifférent. Rien à ajouter. Qu'on me dise (ou que moi, je dise à un(e) autre) : « J'aurais cadré ainsi... » ou « J'aurais enlevé cet arbre, là... » ou etc., est non seulement stupide mais dénote un manque total de respect. Chacun(e) voit avec ses intentions, ses yeux et surtout son cœur. Parfois, je me laisse aller (en pensée) à imaginer ce que moi j'aurais fait de tel ou tel sujet, mais je considère cela comme une autre vision des choses ; donc, comme une  autre photo. En plus, j'accorde à tout photographe une totale confiance quant à ses intentions. Je suppose (c'est mon côté naïf) chacun honnête et sincère dans sa démarche. Et je ne m'autoriserai jamais à orienter le regard de quiconque vers le mien propre en matière de goût. Méfions-nous des chapelles...

Bien sûr, quand le photographe est demandeur, c'est autre chose.

Ah, un espace sur la Toile où on dirait juste : « J'aime », « Je n'aime pas » ou « Bof ... »

Août 2011

Ma décision est prise : je ne fréquenterai plus les galeries-critiques des forums de photo !

Mon Dieu, serait-ce à dire que je ne supporte pas d'être critiqué ? Là, je réponds : « Non ! » avec énergie. Pourtant, mon psychologue m'a dit un jour : « Vous savez, il y a toujours une première question qui vient à l'esprit face à un problème, on y répond toujours non, mais au fond, on sait bien que la réponse est oui ... ». C'est grave, docteur ? En attendant, essayez de poster la même photo sur trois forums différents et amusez-vous !

Je comprends les intentions des responsables de ces forums. A priori, l'idée est bonne de mutualiser les connaissances, comme on disait à la fin des années 60. Mais qui intervient ? Avec le Net, personne ne le sait, au juste. Le résultat est, disons, ... disparate ! Baladez-vous sur un forum au fil des images et régalez-vous : telle remarque technique devient qualité ici et défaut ailleurs !

Ah, la technique ... Elle ne m'impressionne plus, je la connais. Bien sûr, je ne maîtrise pas tout et toujours. D'abord, parce que la technique photo est complexe et que le numérique est venu en ajouter une couche, ensuite parce que tout un chacun peut se tromper (mon psy appelle ça : « la nature humaine »). J'ai commencé à faire des photos quand j'avais une dizaine d'années avec un antique Weber-Fex (pour les jeunots, c'était un modèle argentique dépourvu de tout automatisme), que m'avait donné un mien cousin. Sans connaissances, j'ai dû me renseigner moi-même. Des bouquins basiques (hommage soit rendu ici au « Larousse-Montel de la photographie ») mais aussi des livres présentant les images de photographes connus. Et je me suis vite rendu compte que moi, petit débutant, je possédais aussi le droit d'aimer ou de ne pas aimer. Tenez, par exemple, j'adore Cartier-Bresson ou Eugène Smith (tout, à 100 %), je n'apprécie pas du tout Sarah Moon (rien, à 0 %) et bien d'autres m'émeuvent parfois mais pas toujours.

En fait, la voilà, la vraie critique. Elle est toute simple : « J'aime », « Je n'aime pas », « Bof ... ». J'ai vu des photos de gens célèbres ou d'anonymes, floues, cadrées de travers et qui m'ont ému. J'en ai vu d'autres obéissant aux règles strictes de la composition, qui m'ont laissé indifférent ... Je ne dis pas par là qu'on peut faire n'importe quoi (si vous le pensez, alors vous avez mal lu), je dis - au contraire - que la technique doit être maîtrisée pour se faire oublier et qu'on photographie avec son cœur.

En attendant, peut-être que mon psy a raison, je ne supporte pas la critique.

À part « J'aime », « Je n'aime pas » ou « Bof ... ».

Octobre 2010

D'autres notes sont prévues ...


Nicéphore Niépce